Mercredi 26 Avril 2006
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Par esméralda, Mercredi 26 Avril 2006 à 15:27 GMT+2 dans •les coupures de presse...
Une réputation conquise sur scène a permis cette resortie inattendue du premier album d’Hyperclean, groupe au charisme de plus en plus évident. Taillés pour le live, ces chansons remplies d’humour pas lourd et qui transpirent le désir et l’(hyper)sexualité, trouvent leur place sur disque, en diversifiant leurs sonorités.Emmené par son chanteur/compositeur au charisme burlesque, Hyperclean s’est fait connaître via ses concerts spectaculaires, à la fois drôles, puissants et rock. Des Yé Yé à Yes en passant par l’incontournable Serge Gainsbourg, Hyperclean se nourrit de sources pour le moins variées, et assume cet univers touche à tout, guidé par une énergie toute libidinale. Une énergie à laquelle la scène donne tout son potentiel, et qui se retrouve plutôt bien rendue sur ce premier album, qui offre aussi aux mélodies les plus douces un écrin saillant.
Dans la catégorie "rock français", Hyperclean se distingue d’abord par ses textes qui se déploient dans un registre réalistico-suréaliste, sorte d’anti Delerm, hyper sexué et decomplexé. Frédéric Jean crée avec une délectation évidente des univers troubles, encrés dans une réalité matérielle et physique (où l’on trouve, comme dans une malle : un potentiomètre, des produits manufacturés, des mini-jupes et des judokas...), mais pour mieux la pervertir par des visées nettement moins consensuelles. La chaleur d’une bossa cache ainsi des ressentiments pas tout frais : "Tu vas la fermer ta gueule, depuis 20 ans que j’attends ça", dans "La Ferme", encore que la douceur de "Halo" révèle bientôt : "Assis au bord des côtes bretonnes,lorsque le soleil sera trempé, tu me parleras de tes autres hommes, je t ’avouerai que j’étais pédé." et le titre éponyme qui annonce d’emblée : "C’était hyperclean que tu sois là, que tu caresses mon sexe avec le chat qui dort à côté, là sur le sofa, avec le ronronnement de la machine à café".
C’est sans doute lorsqu’il s’énerve que le groupe prend toute son ampleur, lorsque ses petits contes fantastiques et pervers font exploser un romantisme (forcément) de façade dans "Hyperclean", les "Cigarettes" ou encore l’imparable déclaration de "O Ma Chérie" : "J’irai voir les putes, je le prendrai comme des cochonnes, jusqu’à ce qu’elles comprennent ces connes, qu’il n’y a que toi, Oh ma chérie, ma reine, mon ange, ma joie."
Très encré dans les 60’s, Fender Rhodes et guitares saturées en roue libre, morceaux à ralonge, le son d’Hyperclean trouve ici une belle richesse, et un juste équilibre avec quelques sonorités plus contemporaines. Si l’écriture des morceaux reste toujours assez classique et maîtrisée, l’ablum laisse apparaître une plus grande variété de styles. Entre deux décharges d’adrénaline, on trouve ainsi de belles respirations : une version bossa nova de La Ferme, la fraîcheur délicate de Halo, le minimalisme de Lapin ou encore l’inusable balade éponyme, autant de perles qui ne semblent pas prêtes à s’épuiser.
Sans tomber dans le travers des jeunes groupes qui à force de se nourrir des 60’s se transforment en clônes inoffensifs, Hyperclean est un groupe littéralement mordant, qui se plaît à destabiliser, à secouer ses auditeurs, avec toujours une capacité à surprendre, comme au détour d’un morceau, "Je danserai avec toi", commencé en slow et qui vire brutalement au rock progressif. S’il est encore en gestation, le petit théâtre cruel d’Hyperclean est assez troublant et inspiré pour laisser présager de beaux lendemains. En attendant, les voir en concert reste une nécessité.
Laurence Reymond
Nouvelle signature du précieux label Microbe, Hyperclean est de ces groupes estimables qui se sont forgés une réputation sur scène – leurs concerts sont extraordinaires – avant de fixer leurs chansons sur disque. Enregistré dans les studios du label sous la direction de Mr Neveux, Hyperclean est le premier album des Français, tout en douceur et en force.
Hyperclean cultive un imaginaire plutôt surréaliste, où l'humour salace et les jeux de langue érotiques ont aussi leur place. Quintet toulousain baignant dans des eaux roses pop ou pourpres (bossa nova, soul), Hyperclean est peut-être le maillon manquant entre Gainsbourg et Katerine, Dutronc et Burgalat. Ce premier album contient en tous cas de sublimes harmonies sixties et varie habilement la langueur et longueur de ces chansons où se croisent un papy ressuscitant, Mickey, des cygnes, des putes mais aussi de vraies histoires d'amour.
Opulence et légèreté au programme du premier album des cinq toulousains montés un jour à Paris pour rendre visite aux studios de Microbe Records. S’articulant autour de son chanteur, Frédéric Jean, Hyperclean fait partie de ces groupes qui, sous les apparats de l’autodérision et du non-sens (dégagés dans leurs textes), soignent bien plus qu’ils ne voudraient le faire croire leurs productions. Comme ils sont bien plus sérieux qu’ils n’y paraissent, ils peuvent se payer le luxe de se moquer des sixties en revisitant les années yéyés, pop, bossa et rock, tout en restant cohérents et drôlement sobres.
Hyperclean c’est l’univers détraqué, rose et noir, tout droit sorti de l’esprit de Frédéric Jean, Toulousain, qui s’est mis à composer dès 1994. Après un passage par le théâtre et quelques concerts en solo, il fonde Hyperclean en 2001 avec son frère Ludovic Dulac (Fender Rhodes) et Julien Barbagallo (batterie). Julien Gasc (basse) et Benjamin Glibert (guitare) viennent par la suite grossir les rangs et Hyperclean trouve alors sa formation définitive. Ainsi annonce la bio.



